lunedì 12 novembre 2018

Paris, "Inflammation du verbe vivre" de Wajdi Mouawad à La Colline: Crise de conscience

Wajdi Mouawad, dans sa nouvelle pièce au titre évocateur, nous entraîne dans un voyage multiple, celui de la conscience, du doute du poète, un voyage dans le temps, dans la littérature en relisant Sophocle, un voyage au cœur de la crise grecque, entre monde des vivants et monde des morts.
C’est au prime abord un voyage initiatique personnel. Comment continuer à vivre lors de l’épreuve d’un deuil d’un être cher, quel sens trouver à ce monde sans cesse absurde, cruel et contrasté? Il lui faut alors aller de l’autre côté du miroir, accomplir l’itinéraire réservé à quelques-uns tels Orphée Ulysse ou Énée et choisir s’il voudra rester de l’autre côté du Styx ou rejoindre le monde des vivants, continuer à écrire , à jouer du théâtre.
Le dispositif scénique illustre ce passage d’un univers à l’autre car Wajdi Mouawad, seul en scène rentre et sort d’un film projeté dans lequel il interagit. En même temps, il nous entraîne dans ce voyage pour nous faire découvrir l’univers  de l’Hadès, de la littérature antique, revisités par des images poignantes de la Grèce d’aujourd’hui et de nouveaux héros des temps modernes.
On se laisse emporter à son tour par cette quête, par cette vision tour à tour désespérée, pleine de poésie et de cruauté. On sourit également au détour d’une allusion à la littérature ou à la mythologie actualisée avec humour. Les images projetées sur un écran qui devient scène nous emmènent dans cette recherche du sens. L’image et la réalité de la scène se confondent parfois créant des visions pleines de magie et d’incertitude, sacs poubelle virevoltant, eau qui coule, rencontres avec des personnages insolites.
Il reste la poésie, la beauté du verbe qui mène à cette Inflammation du verbe vivre.
Fabienne Maugey-Cadilhac
Photo © Simon Gosselin

texte, mise en scène et jeu Wajdi Mouawad
à l'écran 
Dimitris Kranias

dramaturgie 
Charlotte Farcet

scénographie 
Emmanuel Clolus
réalisation sonore 
Michel Maurer

du 8 au 30 novembre 2018
du mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h30

Théâtre de la Colline