Otto opere formeranno il cuore della stagione, di cui due in formato cameristico. Una varietà che non nasce da semplice eclettismo, ma da un vero confronto tra stili e racconti.
Nel novembre 2026 sarà presentato Wozzeck di Alban Berg, diretto da Alain Altinoglu e messo in scena da Christophe Coppens. Il direttore lo considera un’opera-simbolo, segnata da una violenza sociale e psicologica che trasforma il protagonista in emblema delle crisi del presente.
In netto contrasto, La Cenerentola di Rossini offrirà a dicembre una pausa più leggera — "per non aggravare la malinconia stagionale", scherza Scheppelmann — ma senza rinunciare a una riflessione critica sulle gerarchie sociali e sui meccanismi della rappresentazione.
Fra questi due estremi si colloca la creazione contemporanea: M. Butterfly di Huang Ruo interroga i rapporti di genere e di potere, mentre Burmese Days di Prach Boondiskulchok ripercorre le eredità coloniali con uno sguardo situato e personale.
Anche il formato cameristico si fa veicolo di intimità, come in Lucidity di Laura Kaminsky, diretta da Patrick Leterme, che affronta la malattia di Alzheimer e la perdita della memoria musicale. In questo caso, la realtà non è più fuori, ma nella percezione stessa: ciò che oscilla è la continuità dell’individuo.
A chiudere la stagione arriverà Boris Godounov di Modest Mussorgski nella versione originale del 1869, in scena dal 10 al 24 giugno 2027. La produzione sarà dedicata a José Van Dam, figura storica de La Monnaie.
Quest’opera, però, non si limita a ricordare il passato: riflette sull’oggi. "Non è solo una storia", afferma Scheppelmann, "è una storia che si ripete". Il potere, le sue derive e le sue logiche attraversano i secoli, lasciando aperta la domanda: l’umanità riesce davvero a imparare?
Attorno alle opere si sviluppa una ricca costellazione di proposte: concerti sinfonici, recital e nuovi formati che ampliano la visione artistica. Le celebrazioni per i duecento anni di Beethoven si apriranno il 3 settembre con la Settima Sinfonia, mentre i recital, ribattezzati Songs, cercano di superare un linguaggio troppo specialistico: "Vogliamo parlare con parole comprensibili a tutti", precisa Scheppelmann, riferendosi all’abbandono del termine Vocalissimo.
La danza torna protagonista, con collaborazioni guidate da Sidi Larbi Cherkaoui e da partnership con istituzioni brussellesi come il KVS e il Théâtre National.
Si aggiungono inoltre iniziative partecipative - Concertini, visite e programmi comunitari - che mirano a portare l’opera oltre i suoi confini tradizionali.
La stagione 2026-2027, dunque, non propone una visione unica del mondo, ma un intreccio di tensioni: tra passato e presente, repertorio e invenzione, intimo e politico. La Monnaie riafferma il suo impegno per un "opera nella città".
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Huit opéras composeront la saison, dont deux présentés sous forme de chambre. Une pluralité qui ne relève pas d’un simple goût pour la variété, mais d’une volonté de confronter les formes et les récits.
En novembre 2026, Wozzeck d’Alban Berg fera son entrée, dirigé par Alain Altinoglu et mis en scène par Christophe Coppens. Le chef y voit une œuvre emblématique, où la violence sociale et psychologique éclate avec brutalité, transformant le protagoniste en symbole des fractures de notre époque.
À l’opposé, La Cenerentola de Rossini offrira, en décembre, un souffle plus léger - programmé, selon Peter de Scheppermann, "pour ne pas accentuer la morosité saisonnière" - tout en proposant une lecture critique des hiérarchies sociales et des illusions qui les soutiennent.
Entre ces contrastes s’inscrit la création contemporaine : M. Butterfly de Huang Ruo questionne les rapports de genre et de domination, tandis que Burmese Days, opéra de chambre signé Prach Boondiskulchok, revisite les mémoires coloniales à travers une perspective situées.
Le même format intime s’exprime dans Lucidity de Laura Kaminsky, dirigé par Patrick Leterme, qui aborde la maladie d’Alzheimer et les espaces incertains de la mémoire musicale. Ici, le réel ne se trouve plus à l’extérieur, mais dans la perception même : c’est l’identité du sujet qui se dérobe peu à peu.
En fin de parcours, Boris Godounov de Modeste Moussorgski - présenté dans sa version originale de 1869 - apportera une densité historique supplémentaire. La Monnaie offrira cette production du 10 au 24 juin 2027, dédiée à José Van Dam, figure emblématique du théâtre.
Mais cette œuvre ne se contente pas d’interroger le passé : elle résonne comme un miroir du présent. "Ce n’est pas simplement une histoire", souligne Scheppermann, "c’est une histoire qui revient sans cesse". Les abus du pouvoir, ses répétitions et ses métamorphoses traversent le temps, soulevant encore la même énigme : l’humanité apprend-elle vraiment ?
Autour des productions lyriques se déploie ce que la direction nomme une constellation : concerts symphoniques, récitals et formats hybrides viennent prolonger l’ouverture souhaitée. Les festivités du bicentenaire de Beethoven s’ouvriront dès le 3 septembre avec la Symphonie n°7, tandis que les récitals, désormais appelés Songs, s’affranchissent d’un vocabulaire jugé trop académique : "Nous voulons parler avec des mots que tout le monde comprend", dit Scheppermann, en référence à la disparition du terme Vocalissimo.
La danse retrouve aussi sa place, avec des projets réunissant Sidi Larbi Cherkaoui et d’autres partenaires bruxellois comme le KVS ou le Théâtre National, ouvrant ainsi des dialogues entre institutions.
S’ajoutent des formats participatifs - Concertini, visites, projets communautaires - qui cherchent à déplacer l’opéra en dehors de ses murs.
Ainsi, la saison 2026-2027 ne propose pas une vision figée du monde, mais une série de tensions vivantes : entre tradition et invention, mémoire et instant, intérieur et collectif. La Monnaie assume pleinement son ambition : "un opéra dans la cité".