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| Foto di Jeannine Unsen |
di Giovanni Zambito - Al Théâtre des Capucins di Lussemburgo, Larisa Faber torna con The Land We Shared e lo fa nel suo stile riconoscibile: teatro documentario, musica dal vivo e immagini surreali che restano impresse. Tra queste, un cavolo che compare nel finale e diventa il cuore simbolico dello spettacolo.
Tutto prende avvio da un evento personale, la morte della nonna. Da lì Faber costruisce un percorso che intreccia memoria familiare, eredità emotive e passato politico della Romania. Non c’è alcuna volontà didascalica: la Storia emerge per frammenti, ricordi e contraddizioni, lasciando allo spettatore il compito di colmare i vuoti.
Lo spettacolo riflette su ciò che ci viene trasmesso, consapevolmente o meno, e su come certi eventi continuino a risuonare nelle generazioni successive.
In scena, Kristin Winters, Ruslana Khazipova e Ovidiu Mihăița danno corpo a un racconto che alterna momenti concreti ad altri più astratti. La drammaturgia di Shamira Turner tiene insieme registri diversi con equilibrio, mentre la regia di Faber evita ogni retorica e si concentra su dettagli, silenzi e cambi di atmosfera.
La musica e il sound design di Alexei Țurcan accompagnano senza sovrastare, mentre la scenografia di Marco Godinho convince proprio per la sua essenzialità: il cavolo diventa immagine di terra, nutrimento, identità e memoria condivisa. Luci e costumi restano discreti, lasciando spazio ai corpi e alla parola.
Uno dei momenti più intensi è il dialogo tra padre e figlia, costruito a colpi di batteria: un confronto che trasforma il conflitto familiare in ritmo, capace di dire più di molte parole. Nel finale, la figura della nonna riemerge con semplicità e forza, invitando la nipote a vivere liberamente, senza il peso di dover somigliare al padre.
The Land We Shared non offre risposte facili, ma invita a interrogarsi su ciò che ereditiamo dalle nostre famiglie e dai contesti storici che ci precedono, anche quando crediamo di esserne distanti.
Faber riesce così a partire da una dimensione intima senza restare chiusa nell’autobiografia, trovando una risonanza collettiva. Anche il riferimento ai sarmale, gli involtini di cavolo tipici della cucina romena, diventa una metafora efficace: strati che si avvolgono, memoria che contiene altra memoria.
En Français
Au Théâtre des Capucins, Larisa Faber revient avec The Land We Shared dans un style immédiatement reconnaissable : théâtre documentaire, musique live et images surréalistes qui restent en tête. Parmi elles, un chou apparaissant dans le final et devenant le cœur symbolique du spectacle.
Tout part d’un événement personnel : la mort de la grand-mère. À partir de là, Faber construit un parcours qui entremêle mémoire familiale, héritage émotionnel et passé politique de la Roumanie. Aucune volonté didactique ici : l’Histoire surgit par fragments, souvenirs et contradictions, laissant au spectateur le soin de combler les vides.
Le spectacle interroge ce qui nous est transmis, consciemment ou non, et la manière dont certains événements continuent de résonner dans les générations suivantes.
Sur scène, Kristin Winters, Ruslana Khazipova et Ovidiu Mihăița donnent corps à un récit alternant moments très concrets et passages plus abstraits. La dramaturgie de Shamira Turner parvient à maintenir l’équilibre entre différents registres, tandis que la mise en scène de Faber évite toute emphase et se concentre sur les détails, les silences et les changements d’atmosphère.
La musique et le sound design d’Alexei Țurcan accompagnent l’ensemble sans jamais l’écraser, tandis que la scénographie de Marco Godinho convainc justement par sa sobriété : le grand chou devient une image de la terre, de la nourriture, de l’identité et de la mémoire partagée. Les lumières et les costumes restent discrets, laissant toute la place aux corps et à la parole.
L’un des moments les plus forts est le dialogue entre le père et la fille, construit à coups de batterie : une confrontation qui transforme le conflit familial en rythme, capable d’exprimer davantage que de longs discours. Dans le final, la figure de la grand-mère réapparaît avec simplicité et intensité, invitant sa petite-fille à vivre librement, sans le poids de devoir ressembler à son père.
The Land We Shared ne propose pas de réponses faciles, mais invite à réfléchir à ce que nous héritons de nos familles et des contextes historiques qui nous précèdent, même lorsque nous pensons en être éloignés.
Faber parvient ainsi à partir d’une dimension intime sans rester enfermée dans l’autobiographie, trouvant une résonance collective. Même la référence aux sarmale, ces rouleaux de chou farcis typiques de la cuisine roumaine, devient une métaphore efficace : des couches qui s’enveloppent les unes les autres, une mémoire qui contient une autre mémoire.


